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PRATIQUE

INFORMATIONS

PROTHESES MAMMAIRES ?

Une étude canadienne publiée cet été amène quelques éléments de réflexion sur le lien entre psychologie et chirurgie esthétique.

Le taux de suicide des femmes qui optent pour des implants mammaires est de 73% plus élevé que dans la population en général. Ces suicides ne sont pas liés directement aux prothèses mais au contexte psychique des patientes qui présenteraient une plus grande vulnérabilité. (Si nous traitions d'abord les problèmes psychologiques ou psychiatriques, alors peut-être certaines de ces femmes ne voudraient-elles plus de prothèses. Certaines patientes ne sont pas en accord avec cette interprétation de vulnérabilité pré-existante et mettent ces suicides sur le compte des problèmes de prothèses rencontrés après mise en place des implants (réinterventions successives etc). Comme cette patiente ayant eu 14 implants en 18 ans. Est-ce spécifique aux implants mammaires ? Non semble-t-il, puisque les femmes ayant subi une chirurgie esthètique d'un autre type ont elles aussi un taux de suicide de 55% plus élevé que la population générale, ce qui montre que toute la chirurgie esthétique est concernée et non pas seulement le sujet des implants mammaires.

Si l'on considère que ces résultats peuvent être appliqués à la France, il semble nécessaire que les praticiens et les patientes prennent certaines précautions avant une chirurgie esthétique, au moins une-voire plusieurs-consultations avec un psychiatre ou un psychologue permettrait de mieux cerner le contexte de personnalité, le degré d'estime de soi, la tendance suicidaire sous-jacente dans certains cas,... Quitte à différer l'intervention.(Photothèque la Presse).

NOUVEAUTES EN ESTHETIQUE:

Il est souhaitable et légitime que les praticiens de l'esthétique recherchent de nouvelles techniques ou produits afin d'améliorer les résultats tout en diminuant les inconvénients (Rejets, cicatrices, suites opératoires, complications).

La ou cela devient discutable, c'est quand ces tentatives se font sans le consentement clair du patient. Ainsi, lorsqu'un nouveau produit d'injection (rides) est commercialisé, celui-ci n'a généralement été testé que sur quelques dizaines de sujet pendant quelques mois, ce qui est scientifiquement insuffisant pour juger des résultats réels et des effets secondaires. Pourtant, certains praticiens, relayés par quelques magazines féminins, vont proposer ce produit comme s'il avait toutes les caractéristiques d'un produit éprouvé. D'où d'éventuelles déconvenues ultérieures.

Même constat concernant la chirurgie esthétique: Nombre de chirurgien innovent, tentent des variations techniques, ce qui est tout à leur honneur, il publient leurs recherches dans des publications professionnelles.

Les techniques concernées dans ces études ne sont pas les plus éprouvées pour la correction esthétique demandée. On peut espérer que les patients concernés ont été dûment informés de leur caractère quelque peu spéculatif. Malheureusement, ce n'est pas toujours les cas ! Ont-ils payé moins cher l'intervention du fait qu'ils ont pu servir de cobaye ? Probablement pas !

Autre exemple: Les prothèses mammaires en silicone mises en place depuis plus de 40 ans n'ont fait l'objet de réelles évaluations que très récemment. Dans les années 90, la FDA Américaine a dû mettre en demeure les fabricants de fournir les preuves scientifiques de leurs innocuités, ceux-ci n'ont pu fournir aucune étude suffisante, ce qui a conduit les autorités Américaines et Françaises à interdire ces implants. Que des études récentes aient pu montrer l'innocuité de ces prothèses concernant les maladies auto-immunes et le cancer ne change rien au constat que ces études auraient dues être pratiquées avant la large commercialisation que nous connaissons. D'autres part, ces implants étaient "vendus" en arguant qu'ils dureraient toute la vie. On sait maintenant que ce n'est pas le cas et qu'une ou plusieurs interventions ultérieures seront le plus souvent nécessaires afin de réparer les complications (coques, fuites, infections locales...) ou même l'usure de ces prothèses. INFO IMPLANTS : www.swissmedic.ch,...www.breastimplantsafety.org

Autrement dit, la sécurité voudrait que loin de s'intéresser aux nouveautés, il vaudrait mieux s'enfuir !

C'est dire l'intérêt de s'enquérir auprès des praticiens du caractère éprouvé ou non du produit injecté, de la technique employée, de l'implant, quitte à accepter, en fin de compte de faire partie d'une étude qui fera avancer la connaissance en esthétique.... Mais dans des conditions clairement établies avant, (information+++ et pourquoi pas, un effort financier du côté du chirurgien.

Plus globalement, l'information préalable à toute intervention doit aborder l'ensemble des possibilités et ne pas rester confinée à la proposition d'un seul chirurgien. D'où l'intérêt d'être bien informé avant pour connaitre au mieux ces différentes possilités avant même de consulter. Les consultations en seront d'autant plus riches en informations plus précises, ceci grâce à une connaissance préalable du sujet permettant de poser les bonnes questions.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
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